| |
FILMOGRAPHIE
Analyse du film
A LA RECHERCHE DE L’ATLANTIDE
de PACCALET et COUSTEAU (1978)
par Françoise Marchand
A l’image de la couverture du livre retraçant
cette mission (1), l’Atlantide n’est qu’un
prétexte à la mise en valeur du commandant.
Le mythe de l’Atlantide s’efface derrière
le «mythe Cousteau».
«...tout infecté qu’il était
d’injustes convoitises et de l’orgueil
de dominer.» écrivait déjà
Platon dans le Critias
1 - L’histoire
Comme beaucoup, Cousteau connaît le mythe de
l’Atlantide. Curieux et doté d’un
matériel de pointe pour l’exploration
des fonds sous-marins, le commandant n’a jamais
manqué de chercher, lors de ses expéditions,
la trace du royaume englouti mais sans vouloir vraiment
en apporter la preuve.
De très nombreux scientifiques et archéologues
ont avancé que l’Atlantide aurait pu
être la Crète à l’époque
minoenne et que la disparition de cette civilisation
aurait été la conséquence de
l’explosion du volcan de l’île de
Santorin. Les dates coïncident. Il manquait simplement
des preuves, des explications.
Lors d’une expédition en Grèce
et nantis des autorisations et de l’encadrement
du Conseil Archéologique grec, Cousteau et
son équipe entament des recherches sur différents
sites d’épaves antiques et modernes.
Ils sont assistés des Docteurs Kritzas et Kolonas,
deux archéologues. L’expédition
de Cousteau intéresse le gouvernement grec
car son matériel permet d’explorer des
fonds où de simples plongeurs, même expérimentés,
ne peuvent aller.
Après avoir observé plusieurs sites
le long des côtes continentales, la Calypso
met le cap sur Héraklion, capitale de la Crète.
En face d’Héraklion, l’île
de Dia, où Albert Falco, chef de l’expédition,
a déjà plongé vingt ans auparavant.
Il se souvient avoir été frappé
par un gigantesque «mur d’amphores»,
sorte de coulure vers les fonds sous-marins.
Mais la tempête fait rage et la Capypso mouille
dans la baie de Psira, nettement plus calme par rapport
au reste de la côte. A Psira aussi, Cousteau
découvre un mur de poterie. Le plancher de
la mer ressemble à un mur en pente, gondolé
comme une vaste coquille St Jacques et littéralement
farci de centaines de milliers de vases, de cruches,
de bols, de coupes et de tasses de l’époque
minoenne.
Pourquoi la puissance minoenne a-t-elle, vers 1450
avant notre ère, brusquement décliné
? Pourquoi le royaume de Crète, où l’agriculture,
l’industrie du bronze, le commerce et les arts
florissaient-ils, s’est-il soudain affaibli,
au point qu’en quelques années, les Mycéniens
l’ont envahi et colonisé ? Cousteau se
pose la question quand il découvre les sites
sous-marins de Dia et de Psira. Les archéologues,
essayaient eux aussi de résoudre cette énigme
depuis des années.
La forme en coquille St Jacques du fond de la mer
pourrait, selon Cousteau, être des épaves
de bateaux qui auraient coulé tous en même
temps. Pour quelles raisons alors, des bateaux à
l’ancre dans un port, auraient-ils tous coulé
en même temps ?
Ce genre de phénomène se produit lorsqu’il
y a un raz-de-marée baptisé Tsunami.
Le but de Cousteau est donc de vérifier s’il
y a eu un Tsunami suffisamment important pour ravager
toute la côte nord de la Crète. Le docteur
Kolonas, devant l’ampleur du site, s’accorde
à dire que seule une catastrophe naturelle
peut en être la cause.
Les plongées successives et les techniques
d’exploration font apparaître, en plus
des objets, des pierres taillées. Mais que
font-elles si loin de la côte ?
Kolonas emmène Cousteau sur les ruines d’une
petite cité antique sur les hauteurs de Psira.
L’architecture révèle un réel
souci de se protéger des tremblements de terre
et l’archéologue explique que pour les
Grecs, Poséidon le dieu de la Crète,
était plus «l’ébranleur
de la terre» que le dieu de la mer.
Raffinée, pacifique, commerçante et
amie des arts, la civilisation minoenne fut, de toutes
celles de l’Antiquité, celle qui donna
le plus de pouvoir et de liberté aux femmes.
Les Minoens commerçaient avec la quasi totalité
de la Méditerranée. Plusieurs fois détruits
par des tremblements de terre, les palais sont reconstruits
à chaque fois plus grands. La seconde moitié
de l’ère minoenne est surtout marquée
par l’essor prodigieux de la peinture murale
et du relief coloré.
Plusieurs éléments, semble-il, contribuèrent
à la chute de la civilisation minoenne : l’essor
économique de l’Egypte après le
triomphe de la 18e dynastie, le fait que les Minoens
(le moins guerrier des peuples antiques) n’aient
pas résisté aux entreprises militaro-commerciales
des Mycéniens, le triste état écologique
de la Crète après des siècles
de déforestation et de cultures intensives,
mais tout cela n’explique pas la brusque chute
de cet empire.
Les photos aériennes prises au-dessus de Dia
révèlent des traces de routes, de constructions
ou de ports anciens invisibles du sol, et notamment,
un énorme promontoire sous-marin, beaucoup
trop régulier pour être naturel.
Cousteau songe alors brusquement à l’Atlantide.
Dans l’Antiquité, ce promontoire de près
de 20 mètres de haut était hors d’eau.
Une exploration sous-marine beaucoup plus poussée
révèle qu’il s’agit du vaste
môle arrondi d’un grand port. La fouille
du site commence avec la certitude de mettre à
jour un grand pan de l’histoire minoenne. Il
y a là du travail archéologique pour
les 100 années à venir.
Sur le ponton de la Calypso les découvertes
s’accumulent. La quantité et la beauté
des objets remontés du fond émerveillent
les archéologues grecs. L’ensemble des
découvertes, immé-diatement répertoriées,
part pour le musée d’Héraklion.
Cousteau, de plus en plus convaincu que la civilisation
minoenne disparut à la suite de l’explosion
du volcan du Santorin, décide de se rendre
sur cette île.
Plusieurs expéditions sous-marines dans des
lieux où fut située l’Atlantide
(les Açores, l’île de Pâques,
Bimini...) n’ont rien donné. Aucune découverte
permettant d’affirmer que l’Atlantide
se trouvait dans l’Atlantique n’a été
faite et ce, malgré les nombreuses légendes
de part et d’autre de cet océan, parlant
d’île engloutie. Se pourrait-il alors
que l’Atlantide fut en Méditerranée
?
Théra, ce sont 300 mètres de falaises
qui tombent à pic dans la mer. Un escalier
de 1450 marches et long de plus d’un kilomètre,
monte en zigzag depuis la mer jusqu’à
Thira (2). Théra fait le commerce de pierre
ponce, seule richesse que lui a laissé l’explosion.
Le volcanisme a commencé en Mer Egée
au milieu de l’ère tertiaire et s’est
ralenti au cours des âges. A Santorin, l’activité
volcanique s’est toujours poursuivie. La dernière
manifestation date de 1956. Dans la caldéra
(3), l’exploration sous-marine révèle
des chapelets de bulles qui montent des fissures et
témoignent que le volcan ne dort que d’un
œil. Le fond atteint 400 mètres.
C’est Haroun Tazieff qui explique ce qui s’est
passé en 1450 avant J.-C. (maquette à
l’appui)(4) . La seule explosion qui fut comparable
pour expliquer le phénomène est celle
du Krakatoa en 1883 et Santorin est quatre fois plus
grand que le Krakatoa. On a découvert des cendres
du volcan jusqu’à Zakro en Crète,
dans l’île de Paros et même en Palestine,
au nord de Jaffa.
Cousteau rend alors visite au Docteur Christos Doumas,
directeur des fouilles d’Akrotiri sur Théra,
il succéda à Spyridon Marinatos (5).
Sous les cendres, c’est une véritable
ville, vidée de ses habitants qui est en train
de renaître (6).
C’est seulement à partir de 1900, avec
les découvertes de Evans, que la relation entre
Théra et la civilisation minoenne put être
établie. Les travaux de Marinatos révélèrent
une ville «engloutie» par les cendres
voilà presque 3500 ans et dont la splendeur
artistique dépassait celle de Cnossos.
«Frappée de malédiction, oubliée
jusqu’à ces toutes dernières années,
la splendeur minoenne ne s’est fait connaître
que dans la mythologie, les poèmes et la légende
de l’Atlantide. Désormais, elle entre
pour toujours dans la mémoire des hommes.»
2 - Cousteau, superstar
Tous les films racontent une histoire. Toutes les
histoires se construisent autour de personnages. Qu’il
s’agisse d’un film de fiction ou d’un
documentaire, le thème tourne autour de ce
personnage. Homme, femme, animal ou nature morte,
c’est cet élément qui devient
figure centrale.
Dans «A la recherche de l’Atlantide»,
le sujet principal aurait dû être l’Atlantide.
L’omni-présence de Cousteau à
l’écran et dans les commentaires, relègue
cette dernière au simple rôle de faire-valoir
du commandant.
Après la mise en place du décor (les
îles grecques, la mer, les dieux...) le héros
surgit, avec son costume, de la cale du bateau, comme
un diable surgit de sa boîte, dans son «habillage
préféré».
Immédiatement, celui-ci entre en action. Avec
deux compagnons, il plonge. Mais il n’y a rien
de plus anonyme qu’une combinaison de plongée.
Alors, pour que le cameraman ne se trompe pas de sujet,
Cousteau est le seul à ne pas porter de cagoule.
Cela permet de le repérer plus aisément.
On sait que pour le commandant, plonger est un plaisir
physique, sensuel (7), mais peut-être que les
images de Cousteau jouant avec une aplésie
n’étaient pas indispensables au propos.
Insensiblement, on passe du documentaire au documentaire-fiction.
La caméra ne découvre pas, elle met
en scène. Et la simple mention, au générique
de : «Histoire originale : Cousteau» confirme
cette impression (8).
Cousteau ne s’efface pas derrière son
sujet, il le devance, l’oblitère, y fait
écran. Quelque soit son interlocuteur, il s’impose,
coupe la parole, réajuste son bonnet ou se
bouge discrètement pour toujours rester au
centre de l’image. «Très tôt,
écrit Bernard Violet, ce personnage hors du
commun a compris le rôle de la télévision.
Elle lui apportera la renommée. Avec un sens
inné du geste et de l’image, il l’utilisera
comme un instrument de vulgarisation de la connaissance.
Le petit écran sera pour lui ce que le tableau
noir est à l’instituteur. Un tableau
à l’échelle de millions de spectateurs.»
(cf note 7)
«A la recherche de l’Atlantide»
n’est plus un documentaire qui aurait pu être
brillant sur la civilisation minoenne, la richesse
des découvertes et la mise en valeur du travail,
plus discret, des archéologues, mais l’apologie
d’un homme imbu de lui-même. Cousteau,
acteur, exhibitionniste se fait spectateur de lui-même.
Contrairement aux archéologues qui continuent
de travailler avec discrétion sur les sites
de Théra, Cousteau, superstar, a perdu le sens
de l’humilité, comme les Atlantes avaient
perdu celui de la raison. On finirait presque par
souhaiter que le commandant et son bonnet rouge finissent
engloutis par les flots.
Lorsque Cousteau décide d’explorer la
caldéra, il plonge avec le bathyscaphe en compagnie
d’Albert Falco. Il entre dans la soucoupe en
tenant son bonnet d’une main, il en ressortira
de même. Mais à ce moment-là il
y a une véritable tempête. Pour éviter
que son bonnet ne s’envole, Cousteau préfère
le retirer pour le remettre quelques secondes après.
Symboliquement, le port d’un bonnet garantit
l’invisibilité de l’esprit. Ainsi
protégé, rien ne peut atteindre notre
homme. Mais tout comme un chapeau qui s’envole
prête à rire, le bonnet qui quitte la
tête, met à nu celui qui le porte. Cousteau
se dépêche donc de réajuster l’objet
de peur de perdre son âme.
Derrière lui, Falco dont ce n’est pas
le souci ne prête aucune attention au vent.
Son bonnet, pourtant à peine enfoncé
sur son crâne ne bouge pas (9). L’angoisse
de Cousteau à voir son bonnet s’envoler
traduit chez lui la peur de perdre un pouvoir. Le
geste de celui-ci remettant son bonnet est à
rapprocher de celui qu’il fait lorsqu’il
lui arrive de ne pas en avoir. Il se passe continuellement
la main dans les cheveux, ceux-ci faisant alors office
de «couvre-chef».
Ce geste n’est pas sans rappeler celui de St-Avit
dans le film de Pabst, qui pour mieux contrôler
ses émotions et ne pas sombrer dans la folie
éprouve le besoin de remettre en place ses
mèches rebelles.
Pour reprendre l’image de Bernard Violet, lorsqu’on
réussit à faire abstraction de «l’insti-tuteur»
et que l’on fixe son attention sur «le
tableau noir», les propos sont très intéressants.
La démarche scientifique qui mène l’expédition
de la Calypso de Psira à Théra, le matériel
qui permet l’exploration des grands fonds sans
endommager les sites, l’intérêt
que porte le gouvernement grec à son passé,
la découverte du travail des archéologues
et la richesse des fresques d’Akrotiri méritent
que ce documentaire soit connu et diffusé.
Il nous fait découvrir la fragilité
de toute civilisation face aux éléments
naturels.
Il y a 3500 ans environ, Poséidon «l’ébranleur
de la terre», rappelle aux Minoens et à
la Grèce entière que rien, ni la grandeur
d’un royaume, ni ses richesses ne résistent
aux colères des dieux. Seuls les humains survivent
pour témoigner de l’horreur et tenter
de reconstruire un monde meilleur sur les ruines de
celui qui vient de disparaître.
Akrotiri, engloutie sous plusieurs mètres de
cendres révèle un monde qui avait bâti
sa richesse sur le commerce maritime. Chaque maison
témoigne d’une vie aisée : grandes
fenêtres, ruelles ensoleillées, un grand
nombre de jarres. Tout nous montre que les riches
armateurs de Santorin menaient une vie de luxe et
de fête et que les artistes y pratiquaient un
art de la fresque extrêmement raffiné.
Les Minoens, grands voyageurs et commerçants
dominaient tout le bassin méditerranéen
et en une nuit, la colère de Poséidon
a tout remis en question.
Les récentes découvertes archéologiques
œuvrent en faveur d’une Atlantide méditerra-néenne
(10). Avec la découverte des sites de Psira
et de Dia, Cousteau vient confirmer ces supposi-tions
et plus rien en effet ne pourrait nous faire imaginer
l’Atlantide ailleurs que dans la mer Egée.
Mais que les Atlantes soient ou non les Minoens, les
découvertes, au lieu de couper court aux rêves,
ne font que nous replonger plus violemment dans le
mystère.
Comment cette civilisation n’a-t-elle pas senti
qu’elle s’épuisait ? Comment n’a-t-elle
pas vu les Mycéniens grignoter peu à
peu son pouvoir ? Ce n’est pas l’explosion
du Santorin qui a ruiné le royaume de Minos
mais elle y a contribué en donnant le coup
de grâce à un peuple qui se croyait invincible.
Les catastrophes naturelles qui bouleversent la terre
depuis des milliers d’années, les civilisations
qui naissent et meurent devraient faire réfléchir
les hommes d’aujourd’hui. L’éternité
n’existe que dans les contes de fée.
Il serait temps de se rendre compte qu’on ne
domine jamais la nature, il faut vivre en harmonie
avec, la respecter. La Terre Mère de nos ancêtres
est toujours vivante. Gaïa plus que jamais, donne
avec la même générosité
mais reprend avec la même férocité.
Les civilisations et les hommes fonctionnent de la
même manière. On le sait depuis Platon.
La folie des grandeurs rend fragile. Un royaume affaibli
par le manque de discernement de ses dirigeants sera
la proie de conquérants en pleine possession
de leurs moyens qui à leur tour s’étioleront.
L’être humain qui n’aura pas réussi
à trouver son point d’équilibre
sombrera dans la maladie ou la folie. La vie n’est
que perpétuelle vigilance sur nos faiblesses.
L’orgueil démesuré d’un
Cousteau ne doit pas inviter à nier l’importance
et la qualité de ses travaux mais il doit nous
aider à ne pas confondre les résultats
avec les motivations. Il doit nous ouvrir les yeux.
Une fois de plus la mythologie va nous apporter la
solution.
Lorsqu’on analyse le personnage Cousteau et
que l’on connaît sa vie on est frappé
par la similitude qu’il y a entre cet homme
et Dédale. Tout comme le génial technicien
grec, Cousteau a construit autour de lui une sorte
de labyrinthe dont il s’est plu à brouiller
les pistes intérieures pour rester inaccessible,
il a aussi été capable, comme son homologue
crétois d’inventer des machines pour
accéder à son rêve.
Intelligent et ingénieux, Cousteau s’est
cependant peu à peu emprisonné dans
son jeu de construction au point parfois d’en
perdre sa lucidité. Ses nombreuses déceptions
avec les orga-nismes chargés de le subventionner,
ses déboires avec les dirigeants de notre pays
auraient dû ramener l’homme à plus
de sagesse. Mais Cousteau ne sait pas voir petit,
c’est cette fragilité qui le rend humain.
Les découvertes faites sur Akrotiri sont fascinantes
et le travail de l’archéologue ressemble
à celui qui consiste à assembler les
pièces d’un puzzle. «Mais l’histoire
de l’homme est encore moins précise.
Bien qu’il existe de bons arguments en faveur
de l’hypothèse selon laquelle la Crète
et son riche satellite Théra auraient toutes
deux servi à Platon pour imaginer une civilisation
idéale détruite par une catastrophe,
le puzzle du mythe de l’Atlantide reste toujours
inachevé. Mais peut-être que Théra
nous a légué quelque chose de plus.
L’éruption qui a mis fin à la
suprématie de la culture minoenne a préservé
dans la poussière volcanique les preuves de
sa grandeur, le paysage étincelant qui a été
à l’origine de la première civilisation
occidentale.
Dans leurs fresques, les artistes minoens nous ont
raconté un monde odorant d’animaux et
de plantes fleuries, d’enfants jouant et d’oiseaux
s’aimant. Mais ils ont également révélé
un paysage intérieur moins visible, la sérénité
d’un âge d’or pour les arts, la
libre joie des sens, l’innocence d’une
civilisation, qui croyait pouvoir durer toujours.
Sur ce qui reste de Théra, les artistes ne
peignent plus de fresques. Chaque jour est là
pour rappeler à l’homme qu’il a
toujours vécu au bord du désastre. Que
ce soit un tremblement de terre, la peste, la famine
ou sa propre folie.
Ici, chacun sait qu’il vaut mieux cultiver son
jardin, économiser l’eau, être
en paix avec ses voisins, prier les dieux que l’on
a sous la main et si vos ailes sont en cire, ne volez
pas trop près du soleil»
Etrange prémonition pour ce Dédale des
temps modernes, dont le fils, comme Icare, allait
se tuer, un an plus tard, dans un accident d’avion.
Françoise Marchand, pour www.atlantide-films.net
2003
(1) Le livre, sorti en 1981, témoigne d’une
véritable recherche autour du mythe de l’Atlantide.
Indépendamment de la couverture (la «marque»
Cousteau fait vendre), le sujet est respecté
et rigoureux.
(2) De nos jours, Thira est la seule ville de l’île.
Le principal hôtel s’appelle «Atlantis».
(3) Cuvette emplie d’eau de mer qui fut à
l’origine le dôme du volcan.
(4) L’explosion de Théra fut certainement
la plus forte déflagration dont la terre ait
retenti depuis la Préhistoire. L’équivalent
de plusieurs centaines de bombes d’Hiroshima.
De quoi soulever en Mer Egée un Tsunami de
100 mètres de haut.
(5) En 1967, pensant que Théra et la Crète
étaient toutes deux à l’origine
de l’Atlantide, l’archéologue grec
avait commencé des fouilles à Akrotiri.
Il a été enterré sur le site
de ses fouilles.
(6) Habitués aux tremblements de terre et déjà
alertés par des éruptions précédentes,
tous les habitants de l’île avaient évacué.
Raison pour laquelle on a trouvé ni squelettes
ni objets précieux.
(7) Cousteau, une biographie par Bernard Violet -
Editions Fayard Enquêtes - 1993.
(8) Certains passages sont très nettement mis
en scène. Par exemple, lorsque Falco remonte
de plongée avec une coupe. Commentaire de Cousteau:
«Et la girelle, alors ?» Comment, avant
que Falco ait pu lui raconter, savait-il qu’il
y avait une girelle à l’intérieur
de la coupe ? La scène de la soucoupe-plongeante
en pleine tempête est elle aussi ambiguë.
(9) La plupart des membres de l’expédition
a adopté le port du bonnet rouge. En adoptant
le symbole, ces hommes, non seulement s’identifient,
mais aussi se soumettent à leur chef.
(10) Théorie soutenue par des scientifiques
et des historiens et tout autant controversée
par d’autres.
|