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Affiche
du film
Bob
Swaim
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FILMOGRAPHIE
Analyse du film
L’ATLANTIDE de Bob SWAIM (1992)
par Françoise Marchand
Un dédale où l’altération
de l’histoire ne correspond pas forcément
à une trahison mais oblige à une relecture
de l’œuvre. Un dévoilement progressif
qui permet aux personnages de retrouver leur humanité.
1 - L’histoire
(…) (1) Morhange a reçu un courrier de
St-Avit dans lequel ce dernier reproduit un étrange
dessin en forme de croix qu’il a trouvée
dans le désert. Un peu plus tard, le capitaine
est averti que son ami a disparu au cours d’une
mission. Le bataillon a été décimé
et le corps du lieutenant n’a pas été
retrouvé. Le Père Supérieur du
couvent qui doute de la foi de Morhange réussit
à le convaincre de repartir dans le désert
avec une double mission : chercher l’origine
de l’étrange dessin et retrouver son
ami.
Accompagné d’un guide, Morhange s’enfonce
dans le désert. Lors d’une tempête
de sable ils s’abritent dans une ancienne forteresse
en ruine. Le capitaine y découvre la croix
gravée et sauve la vie d’un touareg qui,
pour le remercier, lui propose de lui montrer d’autres
croix. Dans la nuit, le guide meurt, empoisonné
par de la salade. Puis Cegheïr-ben-Cheïkh
emmène Morhange dans une grotte où ce
dernier découvre un autre signe mais qui semble
beaucoup plus récent. Le touareg et le capitaine
passent la nuit à converser et à fumer
du hachisch et au petit matin lorsque ce dernier se
réveille il est à cheval et arrive en
compagnie de l’homme dans une étrange
cité.
Un peu plus tard, partant à la découverte
d’une partie du village dans laquelle les habitants
n’osent s’aventurer, Morhange découvre
qu’il s’agit d’un lieu de fouilles
archéologiques. Il poursuit néanmoins
sa visite et arrive dans une bibliothèque où
des milliers de livres et de parchemins s’entassent.
Là, il fait la connaissance de Bielowsky, ivrogne
de son état et de Le Mesge, archéologue,
qui fait des recherches grâce au financement
du premier. Ce qu’espère Le Mesge, c’est
devenir aussi célèbre pour ses travaux
que le furent Evans à Cnossos et Schliemann
à Troie. Il précise que c’est
sous la bénédiction de la reine qu’il
s’efforce de restaurer ce site préhellénique.
Un peu plus tard, Le capitaine fait connaissance de
Tanit, une jeune servante noire qui lui raconte la
légende d’Antinéa. Ayant observer
que la jeune fille porte autour du cou l’écharpe
d’un officier européen, Morhange demande
à Le Mesge de rencontrer celui à qui
elle appartient. Le capitaine reconnaît son
ami et l’invite à repartir avec lui.
Mais St-Avit refuse et explique qu’il ne souhaite
plus connaître autre chose désormais
que son amour pour Antinéa, même s’il
est conscient que le jour où elle ne voudra
plus de lui, il aura cesser d’exister, comme
le raconte la légende. D’ailleurs Tanit
se présente devant les deux hommes et regarde
le lieutenant. Celui-ci comprend que la reine désire
le voir.
Morhange se rend alors dans la bibliothèque
pour étudier les livres. Enthousiasmé
par ce qu’il appelle la plus grande découverte
archéologique de tous les temps il demande
à voir Antinéa. La démarche est
très mal vue par Le Mesge qui trouve le capitaine
beaucoup trop curieux.
Lors de l’entretien, Antinéa trouve Morhange
hypocrite et lui reproche de ne pas avoir les yeux
pour voir. Un peu plus tard, après avoir parcouru
les livres que ce dernier avait emportés dans
ses bagages, elle confie à Tanit qu’elle
trouve étranges ces ouvrages où l’on
ne parle que de malheur et de souffrance.
Après la rencontre avec la reine Le Mesge et
Bielowsky se décident enfin à expliquer
à Morhange qu’il est en Atlantide et
lui montrent un exemplaire du Critias.
Trois jours passent. Morhange se promène en
compagnie de St-Avit, mélancolique et désœuvré
car la reine n’a pas demandé à
le voir depuis plusieurs jours. Malgré cela,
il refuse toujours de repartir avec Morhange car contrairement
à ce dernier qui ne croit pas à ces
histoires d’Atlantide, lui ne doute pas un seul
instant qu’Antinéa soit une déesse.
C’est alors que cette dernière demande
à voir le capitaine afin de s’entretenir
avec lui de théologie et de cet amour si particulier
dont parle un livre sur la vie de Ste Thérèse.
Après cette conversation Le Mesge s’inquiète
auprès de la reine de savoir si le capitaine
a cherché à la convertir. Malgré
la réponse négative le professeur invite
Antinéa à se méfier de lui.
Pendant ce temps, dans la bibliothèque, le
capitaine s’étonne auprès de Bielowsky
de la différence de datation entre les ruines
et la croix gravée. Puis il raconte sa vie
à Morhange qui apprend ainsi que jadis il est
tombé amoureux d’une princesse noire,
qu’il a eu une fille avec elle et que pour éviter
le scandale elle a été mariée
de force à un prince arabe. Bielowsky n’a
jamais su ce que sa fille était devenue.
Quelques jours plus tard, Antinéa a une nouvelle
conversation avec le capitaine. Lassée de la
curiosité de ce dernier et mise très
en colère par la lecture de ses livres où
le mot amour ne rime qu’avec le mot souffrance,
elle le congédie : «Monsieur Morhange,
celui qui ne s’aime pas lui-même ne peut
aimer quelqu’un d’autre (...). Vous qui
voulez tant vous enfuir de vos froides villes grises,
vous les avez apportées avec vous dans votre
cœur.»
L’officier rejoint ensuite St-Avit et l’invite
une fois de plus à s’enfuir grâce
à une carte qu’il a dérobée
dans la bibliothèque. Devant l’obstination
de son ami Morhange force la porte d’Antinéa
et l’avertit qu’ils feront tout pour s’échapper
: «Vous avez le droit de partir quand vous voulez,
répond la jeune femme, ni lui ni vous n’êtes
prisonniers». Stupéfait par la réponse,
Morhange réalise que c’est de son plein
gré que St-Avit reste, il demande alors à
la reine de faire quelque chose pour lui. «Que
dois-je faire ? Dites-moi et je vais le faire»
murmure Antinéa en frôlant de ses lèvres
celles de Morhange.
Le capitaine ne résiste pas à la provocation
et fait l’amour avec la jeune femme qui lui
avoue qu’elle l’aime. Plus tard, conscient
que son attitude condamne St-Avit à la solitude,
Morhange refuse de revoir la reine qui se sent prête
à tout pour rencontrer de nouveau celui qu’elle
aime.
- Attention Antinéa, l’avertit Le Mesge.
Ne faites rien que vous pourriez regretter (...) Si
vous perdez votre dignité devant votre peuple
tout...
- Tout le monde découvrira que je ne suis pas
une déesse, répond la jeune femme en
souriant.
Et elle sort du palais, tête nue, sous les regards
incrédules des villageois, pour rejoindre Morhange
dans sa chambre. «La déesse est descendue
sur terre. Ils viennent de découvrir que vous
êtes une simple mortelle» constate en
souriant le capitaine.
Antinéa lui dit alors que bien qu’elle
l’aime elle demandera à Cegheïr-ben-Cheïkh
de les escorter, lui et St-Avit, à travers
le désert.
Pendant ce temps, Le Mesge rend visite au lieutenant
et lui raconte une étrange histoire où
il est dit que pour se défaire d’une
rivale une reine en était venue à la
tuer. En quittant le jeune homme, l’archéologue
«oublie» une boîte noire qu’il
avait dans sa poche. Une fois seul, St-Avit ouvre
la boîte. Elle contient un poignard.
Heureux d’apprendre qu’ils vont enfin
pouvoir partir, Morhange court annoncer la bonne nouvelle
à son ami. Au moment où les deux hommes
se font une accolade, St-Avit poignarde Morhange.
Apprenant la nouvelle, Antinéa décide
de chasser St-Avit qui est emmené de force
hors du palais en compagnie de Tanit. La traversée
du désert est pénible et Tanit meurt
de soif. Le lieutenant est recueilli quelques jours
plus tard par un bataillon .
Quelques mois après, dans un café, St-Avit
raconte son aventure et celle de Morhange à
une amie. Lorsqu’il a fini il dit adieu à
la jeune femme et sort. Dehors, sur le pas de la porte,
Cegheïr-ben-Cheïkh l’attend.
2 - L’altération
En musique, le mot altération correspond à
la simple modification à la hausse (dièse)
ou à la baisse (bémol) du son d’une
note. Le bécarre étant le signe qui
rétablit la note dans sa tonalité naturelle.
Dans le langage courant, le terme a pris une valeur
négative. L’altération étant
perçue comme une dégradation par rapport
à ce qui est considéré comme
la normalité.
L’Atlantide de Bob Swaim est une longue suite
d’altérations (dans leur acception musicale)
qui s’emboîtent les unes dans les autres.
Alternativement revue à la hausse ou à
la baisse l’histoire ne connaît pas de
bécarre et ce cheminement qui oscille entre
deux directions ne permet pas d’avancer dans
la narration comme sur un territoire connu. A chaque
étape il faut se défaire de ses préjugés
et se réinventer un itinéraire.
Contrairement à tous les films étudiés
jusqu’à présent dont l’histoire
se déroulait selon le tracé d’un
labyrinthe à voie unique, le film de Bob Swaim
suit celui d’un labyrinthe à voies multiples,
autrement dit d’un dédale. Perdus dans
une histoire compliquée on se laisse porter
par les événements mais peu à
peu une trouble sensation émerge. Celle que
l’on aurait si, placé devant un miroir
notre reflet se révélait soudain en
négatif, comme l’ombre indissociable
de notre âme. Les personnages perdent alors
de leurs certitudes pour nous apparaître dans
leur fragilité et deviennent par ce renversement
de point de vue excessivement humains. L’Atlantide,
à l’image d’Antinéa sera
toujours, comme le confie Le Mesge à Morhange,
«vraie et feinte, reflet de ton désir
et de tes craintes».
3 - Chronologie d’un malentendu
11 mai 1990 : Bob Swaim reçoit un coup de téléphone
du producteur italien Roberto Cicutto. Celui-ci détient
les droits du roman de Pierre Benoit et souhaiterait
une nouvelle adapta-tion de l’Atlantide. Après
avoir appris que ce projet avait déjà
été proposé à Jacques
Deray, Bob Swaim rencontre le producteur et son associée
Giovanna Genovese qui sont enthousiasmés par
les idées du réalisateur.
Un peu plus tard, ce dernier reçoit la visite
de Sergio Silva, PDG d’une chaîne de télévision.
Devant les exigences du monsieur, Bob Swaim comprend
qu’en définitive, le grand patron c’est
lui et le doute s’installe. La frontière
entre feuilleton télé et film est mal
établie mais devant les affirmations de Silva
le réalisateur américain s’embarque
dans une aventure qu’il croit être cinématographique
sans savoir que la télévision cofinance
le projet à 90%. Le malentendu s’accentue
de plus en plus. Bob Swaim souhaiterait s’éloigner
du roman, l’Italien demande d’y être
fidèle. Le premier imagine une inconnue dans
le rôle d’Antinéa, le deuxième
voudrait Mathilda May. Enfin, l’un songe à
une histoire sobre où les mots auraient plus
de poids que les effets spectaculaires, l’autre
rêve d’un «péplum colossal
avec des filles aux gros seins» (2). A ce point
d’incompréhension on se demande pourquoi
Bob Swaim ne s’est pas désisté.
Des seize semaines accordées au départ,
le tournage se réduit à quatorze puis,
quelques jours avant le début des prises de
vue, le chef opérateur est remplacé
par un autre, réputé plus rapide.
Au Maroc, où est réalisé le film,
le directeur de production qui surveille tout, informe
Sergio Silva de la tournure des événements.
Bob Swaim reçoit des ordres directement par
fax : «Utilisez des courtes focales... Je veux
qu’on voit les décors...». Parti
pour faire un film grand écran, Bob Swaim,
en définitive, aura réalisé un
film de trois heures pour la télévision.
Cette dernière version est la plus réussie.
En effet, la version cinéma, d’une heure
et demie, amputée des scènes essentielles
qui justifient l’attitude des personnages est
incohérente.
Déjà perturbés par cette relecture
très particulière du roman, les spectateurs
auront du mal à suivre une histoire dont le
montage semble avoir été fait à
coups de hache. Englouti par des critiques acerbes,
le film disparaîtra des salles au bout d’une
semaine.
4 - Déchiffrage d’une partition
altérée
Dans une partition musicale, les notes altérées
sont signalées après la clé.
Pour déchiffrer et interpréter un morceau
il convient donc de savoir dans quelle clé
les notes vont être jouées et ensuite,
lesquelles ont été modifiées.
C’est ce type de mise au point préalable
qu’il convient d’adopter pour comprendre
cette version de l’Atlantide.
Le roman de Pierre Benoit se compose d’une immense
suite de flash-back. Une mise en abîme de souvenirs
dans les souvenirs. Le livre s’ouvre sur une
lettre liminaire où Ferrières raconte
la conversation qu’il vient d’avoir avec
St-Avit. Puis au fur et à mesure, de très
nombreux passages fonctionnent sur ce principe. C’est
d’abord, le maréchal des logis Châtelain
qui se souvient de sa rencontre avec St-Avit. Le lieutenant
lui-même qui confie son aventure à Ferrières.
A l’intérieur même de cette aventure
nous avons droit aux souvenirs de Le Mesge, de Bielowsky
et de Tanit. Par contre sur le passé de Morhange
ou de St-Avit, nous savons peu de choses. Juste quelques
explications.
Dans le film de Bob Swaim, les souvenirs de l’archéologue,
de Bielowsky et de la suivante d’Antinéa
se résument à de brèves conversations
avec le capitaine, par contre tout le début
du film raconte l’histoire de la rencontre entre
les deux hommes, de leur amitié, de leurs aventures
amoureuses communes et personnelles, des différentes
missions qu’ils effectuent dans le désert,
des raisons qui les ont amenés à choisir
l’armée et enfin des événements
qui vont les conduire, l’un dans un monastère,
l’autre à risquer sa vie dans des missions
périlleuses. C’est ce long détour
dans le passé des deux hommes qui permet de
lire les deux premières altérations
: Morhange et St-Avit.
Dans le roman, le capitaine est un être rigoureux,
auquel la morale religieuse et militaire sert de rempart
à ses incertitudes. Il a le sens du sacrifice
et se place en juge face à Antinéa.
Dans le film, le capitaine papillonne, et semble avoir
fait du principe de conquête amoureuse le centre
de sa vie. Qu’importe les conséquences,
ce qu’il aime, c’est être aimé.
Et s’il épouse Sophie, ce n’est
pas parce qu’elle est pure mais parce que la
passion qu’elle lui porte le comble totalement.
Lors d’une mission dans le désert en
compagnie de St-Avit, Morhange l’explique clairement.
Au lieutenant qui s’étonne que son ami
veuille épouser la jeune fille : «L’épouser
? Tu ne l’aimes pas», le capitaine répond
: «Parce qu’elle m’aime, St-Avit,
parce qu’elle m’aime».
Cette donnée est importante, elle permet de
comprendre pourquoi, lorsque le capitaine rencontre
Antinéa et qu’elle lui déclare
son amour, il accepte cette situation comme naturelle
(aucune femme ne résiste à son charme)
et que, grand habitué des choses de la sensualité
il ne résiste pas à ses caresses. D’autre
part, comment reprocher à Antinéa ses
nombreux amants, puisque lui-même a collectionné
les maîtresses. Et c’est une grande nouveauté.
Pour la première fois depuis 1919, Morhange
ne juge pas Antinéa.
Chez Pierre Benoit, St-Avit rencontre le capitaine
à l’occasion d’une expédition
où celui-ci lui a été imposé.
La relation qui s’établit entre les deux
hommes est donc celle d’une rivalité.
Du moins St-Avit la perçoit-il comme telle.
L’abnégation et l’humilité
de Morhange finissent cependant par le faire changer
d’avis. L’admiration et le respect font
alors place à l’amertume du départ.
Chez Bob Swaim, St-Avit sauve la vie de Morhange.
Cela crée des liens de mutuelle estime qui
sera renforcée lorsque, quelques mois plus
tard, se retrouvant par hasard dans un café
d’Alger, ils rencontrent Amira, une jeune femme
aux mœurs très libres et qu’ils
vivront, à trois, une très profonde
amitié. Les choses se gâtent lorsque
St-Avit se rend compte, qu’indépendamment
des aventures qu’ils vivent ensemble, la jeune
femme a, avec chacun d’eux, une relation plus
personnelle et sensuelle.
Amoureux d’Amira, St-Avit en conçoit
une grande jalousie, mais surtout, il est scandalisé
par l’inconstance de son ami. Un soir qu’il
rend visite à la jeune femme, il se heurte
au capitaine qui a eu la même idée.
Déçu par cette attitude, St-Avit prend
ses distances par rapport au capitaine. La rupture
est définitive lorsqu’il apprend que,
malgré son mariage avec Sophie, Morhange a
continué à avoir de nombreuses liaisons
et que le jour où elle l’a su, la jeune
femme s’est suicidée.
Démarche inversée donc entre le romancier
et le cinéaste. Méfiance puis admiration
chez le premier. Admiration puis méfiance chez
le deuxième.
Ayant toujours subi l’autorité d’un
père et d’une éducation inflexibles,
St-Avit avait choisi la légion étrangère
pour l’aventure et mettre la plus grande distance
possible entre lui et sa famille. En rencontrant Morhange
il doit subir l’infidélité et
le manque de principes de celui-ci. Lorsqu’il
fait connaissance d’Antinéa, il l’affronte
seul, débarrassé du poids militaire
puisqu’il a été porté disparu
et de la rivalité de son ami, désormais
à la recherche de Dieu et de lui-même
dans un couvent. Aussi, quand il aperçoit le
capitaine devant lui en Atlantide, il a l’intuition
immédiate que son bonheur vacille. «Je
t’en prie, repars immédiatement»
demande-t-il au capitaine.
Plus que pour l’avertir d’un danger c’est
pour se protéger d’une redoutable concurrence
que St-Avit exhorte son ami à fuir. Il l’y
invite avec d’autant plus de force qu’il
n’a pas rencontré Antinéa uniquement
sur le plan spirituel.
On est loin de la rencontre initiatique du roman et
de la lente montée fantasmatique du désir.
A la relation œdipienne du livre (pour connaître
physiquement la jeune femme, St-Avit devait en passer
par le meurtre de Morhange) se substitue une altération
à la baisse. Le meurtre final de Morhange étant
le «bémol» qui fait régresser
St-Avit. En psychanalyse le meurtre symbolique du
père est considéré comme une
nouvelle étape dans la maturation de l’individu
qui passe ainsi de l’adolescence à l’âge
adulte. Ici, St-Avit qui a connu l’amour dans
les bras de la déesse semble fixé au
stade de l’enfance. Il refuse de partager son
bonheur de peur d’en être privé.
Il regarde Morhange comme les aînés regardent
leur frère cadet, comme des usurpateurs de
pouvoir, des voleurs de rêves. Comme pour Morhange,
l’altération s’inscrit ici en inversion
et c’est bien cette clé qui va nous permettre
d’interpréter le film, d’en comprendre
le cheminement.
Comme tous les sites archéologiques, le lieu
même du drame est ambigu. Accrochée à
flanc de montagne, on ne sait si, à priori,
la ville est engloutie progressivement par celle-ci
ou si elle en émerge (3).
Depuis Pierre Benoit, le royaume de l’Atlantide
avait une particularité, il semblait exister
de toute éternité. Comme pour Antinéa,
les origines de la cité se perdaient dans la
nuit des temps. C’est ce qui leur conférait
leur aspect mythique et leur donnait un semblant de
vérité historique. Morhange et St-Avit
arrivaient donc dans un lieu qui, telle la demeure
des dieux «est, fut et sera». Dimension
poétique et onirique, sorte de monde parallèle
comme celui de nos rêves. Ayant toujours été
là, l’existence même du royaume
et de la reine n’était pas remise en
question. C’était un postulat admis par
tous.
Dans le film de 1992, les deux officiers arrivent
dans une cité dont la totalité des murs
n’a pas encore été révélée
et dont l’histoire s’écrit au fur
et à mesure des découvertes qui y sont
faites. En l’absence de toute référence
on peut faire dire aux vestiges et aux événements
ce que l’on veut. Et devant les incohérences
historiques (Morhange par exemple s’étonne
de la différence de datation entre les croix
gravées et les ruines du palais) le capitaine
suspecte Le Mesge de vouloir réécrire
l’histoire pour la faire cadrer avec un rêve.
Et ce dont rêve Le Mesge est clair. Il souhaite
devenir aussi célèbre en exhumant les
ruines de ce qu’il prétend être
l’Atlantide, que Schliemann après avoir
découvert Troie ou Evans révélant
Cnossos (4).
Inventer un trésor c’est un peu en être
le père. Alors comme un grand metteur en scène,
l’archéologue met en place le décor,
les personnages et le scénario. Il s’invente
une histoire à la mesure de son rêve,
grandiose et mystérieuse. Raison pour laquelle
St-Avit ne le dérange pas, il s’intègre
à la légende qu’il est en train
de reconstruire, mais que Morhange l’importune,
celui-ci étant le petit grain de sable qui
vient enrayer la machine. En doutant de ses propos,
le capitaine se place face à Le Mesge comme
il se place face à St-Avit : en destructeur
de rêve. Il ne supporte pas qu’on manipule
les faits. Lui qui a passé sa vie à
mentir aux femmes et à se mentir à lui-même
se découvre soudain des appétits de
vérité. Il tentera même de déstabiliser
Antinéa en tentant de lui faire croire que
ce qu’elle prétend être des souvenirs
personnels ne sont peut-être que des choses
mille fois ressassées par Le Mesge et qu’elle
a fini par intégrer inconsciemment.
Le Mesge qui «trafique» l’histoire,
qui exploite Bielowsky, qui manipule Antinéa,
semble bien être le grand ordonnateur de toute
cette folie. Dans un tout autre genre, il rappelle
Cegheïr-ben-Cheïkh dans le film d’Ulmer
qui tentait lui aussi de faire correspondre son rêve
à la réalité.
A la fin d’ailleurs, c’est bien l’archéologue
qui pousse St-Avit à tuer son ami. Dans le
roman, Antinéa utilisait le lieutenant comme
l’instrument de sa vengeance. Dans le film c’est
Le Mesge qui fait assassiner Morhange comme on se
débarrasse d’un témoin trop gênant.
Par contre, si l’Antinéa de Bob Swaim,
comme celle d’Ulmer, joue les utilités
dans la mise en scène d’un personnage
qui rebâtit son rêve, la première
n’est plus une potiche dont l’âme
ne lui appartient même pas. C’est une
jeune femme d’une douceur infinie qui s’interroge
sur l’étrangeté du Dieu de Morhange
et sur l’amour, et qui a du mal à concevoir
que ce dernier puisse être d’autant plus
beau qu’il est source de souffrance. Découvrant
un livre sur la vie de Sainte-Thérèse
dans les bagages du capitaine, l’essentiel de
leurs conversations tournera autour de cette curieuse
conception de l’amour à travers la béatitude
religieuse.
Dans le roman, Antinéa accédait à
la grâce en rendant la liberté aux deux
hommes mais l’attitude odieuse de Morhange l’obligeait
à revenir sur sa décision. Dans le film,
elle fait mieux. D’abord les deux officiers
ne sont pas prisonniers. Ils sont libres de partir
quand ils veulent. Si St-Avit reste c’est qu’il
en a décidé ainsi. Ensuite, par amour
pour Morhange, elle est capable de renoncer à
un statut qui, s’il lui conférait un
prestige et des pouvoirs auprès de son peuple,
ne l’en isolait pas moins de celui-ci. Antinéa
était peut-être une déesse, mais
une déesse solitaire. En descendant dans le
village, en côtoyant les hommes et les femmes
qui y habitent, la jeune femme revendique le droit
de décider seule de sa vie et de son avenir.
Elle choisit de redevenir humaine parmi les humains.
Lorsqu’elle arrive, souriante et tête
nue dans la chambre de Morhange celui-ci ne s’y
trompe pas : «La déesse est descendue
sur terre. Ils viennent de découvrir que vous
êtes une simple mortelle... Il est probable
qu’ils ne vous en aimeront que davantage».
Il est une acception du verbe altérer qui n’a
pas encore été évoquée,
celle qui donne au mot le sens de : donner soif. Désaltérer
étant l’acte qui consiste à étancher
cette soif.
Dans le jeu des inversions un autre personnage est
ainsi altéré, c’est Cegheïr-ben-Cheïkh
qui est trouvé par Morhange en train de mourir
de soif dans le désert. Dans le roman, le touareg
avait failli mourir par excès d’eau (on
se souvient qu’il est en train de se noyer dans
les tourbillons d’un torrent d’orage lorsque
St-Avit lui porte secours) ici, c’est Morhange
qui le «désaltère» et ainsi
lui sauve la vie. A la sortie du film les critiques
furent plus ou moins virulents mais tous unanimes
sur la trahison de Bob Swaim.
Lorsque Morhange vient pour la dernière fois
dans la chambre de St-Avit pour le supplier de repartir
avec lui, celui-ci refuse et prévient le capitaine
que lui non plus ne repartira pas :
- Je t’empêcherai de la trahir comme tu
as trahi Sophie, comme tu m’as trahi, moi.
- Mon pauvre ami, répond Morhange, tu n’as
rien compris décidément. Tu parles de
trahison mais moi, je parle d’amour.
Ce dialogue pourrait être celui d’un critique
et du réalisateur. Car le jeu des inversions
se poursuit jusque dans l’identification avec
les personnages. Depuis Feyder, tous nous avaient
habitués à les voir dans la peau de
St-Avit. Bob Swaim, par le regard plein d’amour
qu’il porte sur eux nous les fait découvrir
avec l’humanité retrouvée de Morhange.
Aucun réalisateur jusqu’à présent
ne nous avait montré la fragilité des
êtres avec autant de compassion. Compassion
est d’ailleurs le dernier mot que prononce le
capitaine et c’est avec cet état d’esprit
qu’il faut approcher les personnages.
Morhange d’abord qui se retrouve à l’armée
pour obéir aux désirs de son père,
capable de faire souffrir mais qui découvre
lui aussi la souffrance, essayant de comprendre les
hommes et le monde et trouvant dans le sacrifice de
son amour la rédemption qu’il espérait
depuis la mort de Sophie. S’il part de l’Atlantide
ce n’est pas parce qu’il n’aime
pas Antinéa, bien au contraire, mais pour sauver
St-Avit.
St-Avit ensuite, jeune homme fougueux, droit comme
un adolescent qui croit encore à la justice.
Ne bénéficiant pas de l’aura de
son ami, il a toujours la sensation d’être
dépossédé de quelque chose. C’est
pour cette raison qu’il refuse la présence
de Morhange sur la terre d’Atlan-tide. Le bonheur
qu’il vit est éphémère
et le mène droit à la mort mais il refuse
à quiconque le droit d’intervenir dans
un destin que pour la première fois de sa vie
il s’est choisi. Cette petite parcelle de liberté,
personne ne peut lui retirer. L’arrivée
de Morhange représente la fin d’un rêve
qui se termine de manière peu glorieuse : lorsqu’il
s’éloigne de l’Atlantide, il ne
s’échappe pas, il a tout simplement été
mis à la porte du royaume.
Puis Bielowsky, qui à l’inverse de celui
de Pierre Benoit, ne se remet pas de la passion qu’il
éprouva jadis pour la fille d’un ambassadeur
d’Abyssinie. Si l’Hetman de Jitomir dans
le roman se débarrasse de Clémentine
c’est parce qu’il est incapable d’assumer
la paternité qu’elle lui annonce. Ici,
c’est une fois de plus le contraire. Le vieux
Polonais a été séparé
de force de sa belle Africaine et s’il se saoule,
c’est pour oublier qu’il n’a jamais
connu sa fille.
Antinéa enfin, qui sacrifie sa liberté
à un rêve qui ne lui appartient pas.
On se souvient que jusque- là, c’est
St-Avit qui, pour venger la reine de l’affront
que venait de lui faire subir Morhange, disait : «Ce
que tu voudras, je le ferai.». Ici, c’est
elle qui demande à ce dernier : «Que
dois-je faire... (...) Dites-moi et je le ferai».
Et elle sacrifiera son amour pour permettre à
Morhange de sauver son ami.
Avec cette nouvelle partition de l’Atlantide,
jouée sur un mode inhabituel, c’est peut-être
à une nouvelle génération du
mythe que nous avons à faire. A l’origine,
Platon parlait de la démesure orgueilleuse
des rois Atlantes qui mena ceux-ci à leur perte.
Dans une deuxième étape, Pierre Benoit
permettait, par l’intermédiaire de ses
personnages de montrer comment un système de
relations humaines pouvait fonctionner comme un problème
politique, avec les mêmes enjeux de pouvoirs.
L’espoir était permis puisqu’un
bref instant Antinéa réussissait à
atteindre ce degré de sagesse qu’on est
en droit d’attendre de toute déesse.
Bob Swaim nous fait franchir une troisième
étape. Morhange mourra mais auparavant il aura
découvert dans le désert ce qu’il
croyait découvrir dans un couvent : l’amour
et la compassion. Quant à St-Avit, il n’est
plus la victime des désirs intransigeants d’une
femme mais le seul responsable de ce qui lui arrive.
Curieusement si on comprend le geste du lieutenant
dans le roman, le meurtre du capitaine dans le film
n’a aucune raison d’être, hormis
s’il représente ce degré de folie
implantée en chacun de nous et qu’une
simple étincelle de vengeance personnelle peut
faire éclater à tout instant. Le Mesge
qui raconte au jeune homme son histoire de reine bafouée
ne fait rien d’autre qu’exploiter les
réactions pulsionnelles d’un être
ébranlé par un sentiment d’injustice.
En lui faisant croire que s’il élimine
son rival, St-Avit retrouvera l’amour de la
reine, Le Mesge se comporte comme certains politiques
qui exhortent les hommes à chasser les étrangers
pour retrouver ce que ceux-ci sont supposés
leur avoir pris.
Enfin, Antinéa décide de ne plus être
un reflet dans le regard des hommes qui l’entourent,
un sujet de crainte pour le peuple, un lieu de fantasme
parental pour Bielowsky, une caution de chair pour
Le Mesge, mais une femme, une simple femme, sans intermédiaire
entre elle et les autres. En retraversant le miroir,
mais dans l’autre sens cette fois-ci, elle sort
du rêve pour rejoindre la réalité
A l’opposé de Feyder qui nous aspirait
de notre fauteuil vers l’horizon d’un
mirage, Bob Swaim fait venir la déesse jusqu’à
nous, fait entrer l’humanité dans notre
regard. Le meurtre de Morhange ne nous en apparaît
que plus dérisoire et injustifié.
Alors, est-ce réellement trahir que de nous
montrer l’envers des choses ? Le côté
pile d’une face mythique est toujours mythique
elle aussi. A la déesse presque sauvage de
Pierre Benoit ont succédé, selon les
époques, des aspects différents de cette
déesse. En chacune d’elles il y avait
l’héroïne de Pierre Benoit, simplement
certains hommes ne portent plus sur les femmes le
même regard qu’il y a environ quatre-vingts
ans. Il nous manquait sa douceur, ses interrogations,
son humanité. C’est Bob Swaim qui nous
les a montrées.
Le journaliste qui signe A.S. dans le journal «Présent»
(5) du 7 janvier 1993 et qui s’indigne violemment
des libertés prises par le réalisateur
fait preuve d’une telle intolérance qu’elle
n’est même plus ambiguë. Il est des
mots qui assassinent plus vite qu’un couteau.
En effet, faire tout un paragraphe pour démontrer
que, quelques soient ses origines, (fille de Bielowsky
ou dernière descendante des Atlantes) Antinéa
n’est pas une «black», comme il
l’écrit, mais une blanche, frise la caricature
raciale. Le journaliste qui vénère Pierre
Benoit (6) et encense le film de Feyder pour sa fidélité
au roman oublie que ce dernier supprime un personnage
important : Bielowsky et que Tanit qui est africaine
est interprétée par une Européenne
(7).
Pourquoi s’indigner dans un sens et pas dans
l’autre ? On devine aisément que, bien
qu’il cherche à nous persuader qu’il
croit à un effet de mode, c’est bien
à une pulsion de haine extrê-mement dérangeante
qu’il fait appel. Tout comme, lorsqu’il
s’indigne de scènes «donnant dans
le semi-porno et en (Bob Swaim) s’étendant
longuement sur les torrides étreintes d’Antinéa
et de Morhange», il exprime un jugement qui
consiste à considérer comme pornographique
toute relation sexuelle en dehors des cadres de la
procréation. A moins que la pornographie ne
se résume, comme le font Antinéa et
le capitaine à inverser les positions. Qualifier
de «semi-porno» quelques rares scènes
(extrêmement bien filmées d’ailleurs
et avec beaucoup de pudeur) entre St-Avit et Antinéa
ou cette dernière et Morhange est l’exact
reflet de ce qu’exprimait déjà
en 1921 Louis Salabert (8). Vocabulaire mis à
part, ces deux hommes, chacun à un bout du
siècle posent sur l’amour et l’expression
de celui-ci au cinéma le même regard
hypocrite. Enfin, aller jusqu’à inventer
qu’Amira est une «semi-lesbienne»
et que l’amitié entre les deux hommes
relève d’une relation homosexuelle confine
à la mauvaise foi et cet excessif journaliste
de conclure : «N’est-il pas possible de
mettre des garde-fous autour des chefs-d’œuvre
littéraires? Cela nous éviterait que
des types comme Bob Swaim, fait pour adapter du Pierre
Benoit comme Bernard Tapie pour apprendre le baisemain,
viennent déposer leurs sanies aux pieds desdits
chefs-d’œuvre».
Soyons lucides. Premièrement, l’Atlantide
de Pierre Benoit, bien qu’ayant obtenu le Grand
Prix de l’Académie Française n’est
pas un chef-d’œuvre littéraire.
Il y a des longueurs et le vocabulaire ne brille pas
par son originalité. Mais il y a une atmosphère
extrêmement envoûtante et des personnages
puissants. Deuxièmement, l’Atlantide
n’appartient pas exclusivement à Pierre
Benoit mais à tous et chacun est libre de la
rêver comme il la ressent.
Enfin, depuis Platon, tous les auteurs ayant écrit
sur l’Atlantide s’étaient plus
ou moins inspirés du texte du philosophe. Le
«rapt» du mythe par Pierre Benoit aurait
dû, lui aussi, en toute logique paraître
une ignominie aux yeux de celui qui signe anonymement
A.S. dans «Présent». Détourner
le sacro-saint Critias de son message initial, lui
inventer une fin et même une suite aurait dû
apparaître comme une trahison. Mais le journaliste
ne s’indigne pas. Il laisse simplement exploser
sa colère et son mépris lorsque Bob
Swaim fait ce que des milliers de personnes ont déjà
fait avant lui : faire de ce mythe le miroir de tous
ses désirs et de toutes ses craintes.
Comme pour tous les films étudiés jusqu’à
présent, la conception qu’a le réalisateur
de l’Atlantide et d’Antinéa et
les réactions du public sont révélatrices
d’une époque. Devant les propos remplis
de haine du journaliste on est en droit de se demander
si la démocratie, une fois de plus, ne serait
pas en danger. Depuis le début des années
90, le pourcentage d’opinions favorables aux
idées de Le Pen augmente sans cesse. Dans ses
discours et revenant comme des leitmotive : la suprématie
de la «race blanche» et sa haine de ce
qu’il considère comme des déviations
: l’homosexualité et le non respect des
traditions. Bloqué au niveau d’un cerveau
reptilien, le représentant du Front National
n’a pas encore appris à faire œuvre
de Justice, à parler avec son cœur. Tout
comme le journaliste de «Présent»,
c’est lui qui déverse ses «sanies»
sur les êtres humains. L’intolérance
est l’eau dont on arrose en permanence les racines
de la haine.
C’est exactement le contraire que nous propose
Bob Swaim : il nous parle d’amour.
Françoise Marchand, pour www.atlantide-films.net
2003
(1) Il y a deux versions de ce film. La version
cinéma (1 h 30 min) et la version télévision
(3 h). C’est cette dernière qui est analysée
ici. Afin de mieux comprendre les réactions
différentes de Morhange et St-Avit lors de
leur séjour dans le palais d’Antinéa,
Bob Swaim commence par leur inventer un passé
commun. La narration risquant d’être fort
longue et fastidieuse, c’est au moment où
Morhange part dans le désert que le résumé
débute.
(2) Télérama n° 2243 - 6 janvier
1993.
(3) En arrivant dans cette Atlantide on se prendrait
presque pour Burckhardt découvrant Petra en
Jordanie.
(4) Là c’est glissée une monumentale
erreur de date de la part de Bob Swaim, car si au
moment où se déroule l’action
(1895-1896) Troie avait bien été découverte
ce n’est que quatre ans plus tard (en 1900)
que Evans acquiert les terrains sur lesquels il entreprendra
des fouilles et seulement en 1906 que la quasi totalité
des ruines ayant été dégagées,
il conclura qu’il s’agit bien du palais
de Minos.
(5) Journal d’extrême-droite.
(6) Il ne faut pas oublier l’admiration particulière
que Pierre Benoit portait à un des plus farouches
représentants de l’extrême-droite
française de l’époque : Charles
Maurras.
(7) Le premier à avoir fait jouer le rôle
par une africaine est Jean Kerchbron en 1972.
(8) En 1921, Louis Salabert fait paraître un
article intitulé Le film corrupteur (article
cité dans : La société française
à travers le cinéma de René Prédal
- Armand Colin - 1972) : «(...) Je m’en
voudrais de détailler le scénario de
pareilles ignominies. Qu’il suffise de dire
qu’il se dégage de ces scènes
de frénésie sensuelle un appel si direct
aux satisfactions immédiates que de tels spectacles
constituent un attentat qualifié aux mœurs
(...) Et quand on songe que c’est dans l’obscurité
complice que se délivrent de si troublantes
leçons : qu’enfants, jeunes gens et jeunes
filles sont à la merci de voisinages inquiétants,
imprévus ou délibérément
choisis; que le mal, enfin, se passe de maître
ou qu’il suffit d’un tour de main pour
l’enseigner à qui l’ignore, peut-on
calculer la somme de ruines morales que représente
un de ces spectacles d’où émanent
comme des effluves de luxure ?»
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